Outresol #1
Commissariat de Joël Riff et Mathieu Buard avec Florian Bézu, Mireille Blanc, Sylvain Couzinet Jacques, Anne Laure Sacriste, Lina Scheynius et sans Robert Malaval.
MAY 2-29, 2013
Opening May 2, from 6 to 9pm
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Du 2 au 29 mai 2013 sur rendez-vous au 5 quai de Bourbon, "L'ile", l’Ile Saint-Louis à Paris
Ainsi que les vendredis de 18h à 20h et les samedis et les dimanches de 17h à 18h

avec
Florian Bézu
Mireille Blanc
Sylvain Couzinet Jacques
Anne Laure Sacriste
Lina Scheynius

et sans
Robert Malaval

Commissariat par Mathieu Buard & Joël Riff

Le terme Outresol est une fabrication, il engage un espace, panorama ou caverne qui produit l’écrin ou l’écran suffisant d’une perception sensible spécifique prise dans un mouvement. L’outre est la posture du devenir, d’un dépassement nécessairement éprouvé, d’un changement d’état et de statut. L’outre s’invente dans un mouvement, une dynamique croissante telle une libération, un excédent heureux mais contingent de son point de départ. L’outre, c’est la volonté d’un advenir. Le sol est une condition, un socle, un support, d’un territoire.

Cet Outresol, prend pour ce cycle d’expositions les formes de la caverne, celles d’une grotte et comme une scène que, prise sous une voûte multiple et des sols dénivelés, l’on penserait et dessinerait tel un panorama intérieur. Les œuvres inscrites dans ce paysage sont à collecter, le spectateur incarnant cet explorateur, géologue, dont l’expérience parcellaire approfondit par la déambulation la question d’une expérience interrompue. Du dédale, il conviendra de sortir avec sinon un savoir, au moins une masse sensible. Dans la caverne, et notamment  sous la voûte marquée et décuplée d’une galerie, il semble pertinent de penser le mode d’exposition comme un vecteur de conduite d’un regard narratif, de l’attrait de fédérer, agréger des œuvres mais de soutenir l’idée d’une interruption, d’une frustration heureuse pour le regard. Produire par le display la retraite suffisante pour susciter un manquement que, si l’œuvre ne se livre pas entièrement, le spectateur éprouve le désir et dont il prend la pleine conscience.

Ce qui alors est le sujet du panorama c’est le cœur ; l’attention est portée sur une zone médiane, flottante, hors sol. Une œuvre est comme un panorama tout autant, elle est conçue comme telle par l’artiste. L’œuvre se livre, concentrée du regard exhaustif de l’artiste. De là, voir tout, comme l’implique un panorama, c’est la condition de l’œuvre qui se donne constituée, toute à voir, d’un seul trait. Or, il est question, d’une expérience interrompue de la lecture des œuvres, d’une difficulté à se concentrer pleinement et de saisir totalement l’intégralité de la continuité sensible de l’œuvre. Force est de constater que l’expérience d’une œuvre est souvent interrompue par le lieu, le contexte, l’échelle, les autres, la qualité, la temporalité, en somme de la réduction du spécifique au divers.

L’expérience interrompue serait la difficulté d’une lecture continue, la difficulté d’une installation de tenir l’occupation du sol, de la sculpture brimée d’une perception globale, du détail comme fragment élémentaire et comme limite d’une perception globale, de la difficulté d’une attention soutenue, de la dilution du regard et ou sa capture. La grotte, figure majeure du lieu de la retraite autant que  d’une fouille, d’un espace d’extraction et comme scène première nous intéresse alors. Elle propose les conditions d’une oscillation de la perception. Et de cette acuité dirigée défalque, du tout, un fragment.

L’Outresol développe cette dynamique de l’interruption, jouant sur la qualité des médiums des œuvres et leurs limites donc : la vidéo comme n’ayant pas de support clair, de réceptacle si communément admis qu’un écran, mais lequel ? De la tragédie des petites œuvres comme prises et coincées de leurs valeurs par le socle. En effet, les aspérités et strates verticales de cette cave complique ou diffère l’accès à la qualité de présent des œuvres, telles que sur les parois d’une caverne, les plis de roches cacheraient volontairement les brillants et les fruits de ses agrégats minéraux. Le spectateur découvre alors, mineur sans autre outil que son regard, les esquisses de prodigues, tenus par les crocs d’une matière neutre.

L’Outresol c’est alors la tentative de travailler sur la frustration du regard, et de sublimer l’expérience interrompue, de mettre en tension le regard du spectateur. Il s’agit en d’autres termes de porter une lecture toute narrative dans l’expérience et le déplacement du spectateur et d’apporter un point de vue clivant, un point de concentration sur l’extraordinaire de l’œuvre, sur son étrangeté  autant que sa toute disponibilité à être contemplée, comme les fruits d’une nature heureuse.

Ainsi se présente l’observatoire de ces éclats.